Review
19.25.03
Inside Devinci
A Canadian Success Story

DANS LES COULISSES DE DEVINCI


Pour lire la revue complète, visitez : Pinkbike (anglais seulement)

L’aventure de Devinci a failli être tuée dans l’œuf. En 1990, Félix Gauthier a fait le saut pour investir dans une petite entreprise du nom de Da Vinci, qui fabriquait des cadres en aluminium à Chicoutimi, sa ville natale. Il lui aura suffi de quelques mois pour réaliser le défi auquel il s’attaquait : des centaines de cadres attendaient d’être réparés sous la garantie en raison d’un défaut de fabrication. Pour corriger le tir, il fallait investir massivement dans un four qui améliorerait le traitement thermique des cadres. Le hic, c’est que la jeune entreprise n’en avait pas les moyens.

Elle devait donc fabriquer son propre four, une solution qui n’avait rien d’économique pour une entreprise dont les infrastructures et les procédés étaient chancelants. Mais au moins, elle pourrait s’attaquer au problème de garantie. « En 1993, je remplaçais plus de cadres que j’en vendais », admet Félix Gauthier.

Revenons au présent : Devinci est toujours à Chicoutimi, Félix en est le président, chaque cadre en aluminium soudé à l’usine porte fièrement l’étiquette « Fait au Canada ». Tout va vraiment comme sur des roulettes comparativement aux débuts de l’entreprise. Reste que Félix et son équipe ne s’assoient pas sur leurs lauriers, comme il tient à me le rappeler : « On n’arrête jamais, car le marché bouge constamment. »

Arpenter l’usine, c’est un peu refaire l’histoire de Devinci. On trouve ça et là des souvenirs de feu Stevie Smith, une grande perte dans le monde du vélo, et pas juste chez Devinci. Sont aussi exposés fièrement des trophées de la Coupe du Monde et des Enduro World Series avec des reliques comme le cadre BigBang, placées sur des étagères au-dessus des bureaux. À l’arrière, on peut même voir le vieux four, aujourd’hui obsolète, qui a joué un rôle crucial dans les premières années. La loyauté et la fierté ont des racines profondes en ces murs.

Photo 1 Photo 2 **Longue vie au Chainsaw! Stevie manque énormément à tout le monde du vélo. Les murs des bureaux au siège social de Chicoutimi regorgent de vieux souvenirs comme le BigBang.**

Photo 1 Photo 2 ** Une idée d’un modèle en gestation. L’équipe de R et D de Devinci ne souhaitait pas, à juste titre d’ailleurs, trop dévoiler son travail. **

Photo 1 « Tout a commencé par une chute à vélo, un gros accident en 1988. J’ai dû avoir des points de suture au visage et je me suis cassé la jambe. Lors de ma convalescence, je me disais qu’il me fallait un nouveau en cadre en alu. Un ami m’a informé qu’une personne fabriquait des vélos en aluminium au Saguenay et que je devrais aller le rencontrer. C’est exactement ce que j’ai fait et je lui en ai acheté un. Deux ans plus tard, j’ai reçu un petit héritage à la mort de mes parents. Le concepteur du cadre est venu me demander d’être son partenaire. Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais. Il n’avait ni employés ni clients, et plusieurs de ses cadres attendaient d’être réparés, parce qu’ils étaient sous la garantie. Je me suis demandé quoi faire. » Félix Gauthier

Photo 1 Photo 2 Il se trouve que la ville natale de Devinci, Chicoutimi, est aussi l’un des principaux producteurs d’aluminium au Canada, d’où l’abondance en matières premières et en savoir-faire.

Photo 1 Photo 2 **Perçage de trous dans une section d’un cadre individuel avant que les soudeurs ne s’en occupent.**

Photo 1 Photo 2 **Chaque cadre produit à l’usine porte l’étiquette « Fait au Canada ».**

Photo 1 **Des gabarits des divers modèles attendent leur tour sur la table de soudage. Ils sont aussi fabriqués à l’usine.**

Photo 1 Photo 2 Photo 3 Photo 4 **La majorité des cadres en aluminium de Devinci sont encore fabriqués à Chicoutimi, avec beaucoup d’amour.**

Plusieurs de nos employés sont ici depuis le premier jour. Ils sont ultra passionnés. Ils roulent le midi, font des voyages de vélo et se font des sentiers dans notre cour. L’entreprise a une fibre familiale. On travaille tous sous un même toit, et la plupart habitent en ville. On pédale souvent ensemble, ce qui tisse des liens. —Félix Gauthier

Photo 1 Photo 2 Photo 3 Photo 4 Photo 5 **Une fois soudé, chaque cadre est fixé sur un support roulant, en attente de traitement thermique.**

Photo 1 Photo 2 Photo 3 **La nécessité d’un four a failli faire dérailler Devinci à ses débuts. Depuis, l’entreprise a bien amélioré son four maison.**

Photo 1 Photo 2 **Les triangles avant du légendaire Wilson de Devinci.**

C’est d’ailleurs par essais et erreurs que tout a commencé. Au fil de notre évolution, nous avons appris à limiter le volet erreur. Nous y sommes arrivés, grâce à notre matière grise et à l’excellence de nos employés, et par des partenariats de qualité avec des universités et Alcan. Ainsi, nous avons pu créer des prototypes correctement et faire l’essai de produits, avec une marge d’erreur bien mince, parce nous maîtrisons notre truc. Fonctionner par essais et erreurs, ça allait bien dans les années 90. De nos jours, la concurrence est telle qu’on n’a pas trop le droit à l’erreur. —Felix Gauthier

Photo 1 **Le traitement thermique, c’est une série de réchauffements et refroidissements contrôlés des cadres en aluminium. C’est ce qui posait problème au fondateur de Devinci avant que Félix Gauthier ne prenne la relève.**

Photo 1 **Une fois que les cadres sont passés par le traitement thermique, on les redresse et les aligne sur cette table. Sur la photo, on voit Bryan Dery, alias The Red Hammer.**

Photo 1 **La salle de torture des cadres.**

Photo 1 Photo 2 **Ce banc d’essai applique des forces similaires à ce que le cadre subira en sentiers, une façon de simuler des années d’usure en quelques minutes ou en quelques heures.**

Photo 1 Photo 2 **Les cadres sont peints en jaune pour mieux déceler les craques.**

Photo 1 Photo 2 **Les amateurs de vélo de montagne oublient que Devinci participe à un programme de vélo libre-service. L’entreprise a produit plus de 60 000 vélos dans 26 villes du monde entier. En 11 ans, il n’y a pas eu un seul retour.**

En fait, on ne peut jamais s’asseoir sur ses lauriers. On est en bonne position, parce que notre équipe est super avant-gardiste. Et par équipe, je pense autant aux employés à l’interne qu’aux athlètes et ambassadeurs partout dans le monde. Ces gens compétitionnent et roulent chaque jour. Ils sont au fait des dernières tendances, et les commentaires qu’ils nous livrent nous gardent dans le peloton, et même au-devant.




Pour lire la revue complète, visitez : Pinkbike (anglais seulement)